Depuis le mois d'octobre, j'ai pris la résolution d'aller courir au moins une fois par semaine. C'est donc tous les mardis matin que je prends mes chaussures de course et me rends dans la plaine de Caveirac sur le parcours du Tour Pédestre pour m'entraîner pendant 30 minutes environ. Je cours au cardio, objectif : ne pas dépasser 150 bpm, qui représente 80% de ma FCmax afin de na pas m'épuiser. Au début, c'est assez difficile, car contrairement au vélo, en course à pieds, ma fréquence cardiaque augmente très facilement. Mais finalement, j'obtiens des courbes de plus en plus régulières. L'entraînement paie.
Tout ceci pour un seul objectif avant d'entamer réellement ma saison VTT : le Tour Pédestre de Caveirac.
Quand arrive le jour J, je ne me sens pourtant pas prête. En effet, je sors d'un très gros rhum qui toute la semaine qui a précédé m'a empêché de respirer normalement (nuits atroces, fatigue...), et ces deux dernières semaines, cause boulot et fêtes de fin d'année, je n'ai pas continué à m'entretenir tous les mardis. Mais je pars qu'en même confiante.
La stratégie de course que j'envisage de prendre n'est pas du tout la même qu'habituellement. En course à pieds, bien qu'on m'ait toujours dit de faire le contraire, je n'ai jamais pu m'empêcher de partir à fond, et de terminer comme je le pouvais, bien souvent difficilement. Cette fois-ci, c'est le cardio encore une fois qui allait me permettre de structurer ma course.
Le parcours est toujours le même : une boucle dans la plaine, une grosse bosse dans les lotissements, et un second tour dans la plaine. Dès le départ et sur toute la première boucle, je ne dois pas dépasser 170 bpm, qui représente 90% de ma FCmax. Ceci afin de ne pas m'épuiser et pouvoir encaisser le second tour sans flancher, et jusqu'au bout.
L'échauffement dure 20 minutes, en trottinant de sorte à éveiller les muscles à ces mouvements. Car à force de faire du vélo tous les jours, mes jambes n'ont plus l'habitude de courir. A deux minutes du départ, je fais trois accélérations.
Sur la ligne, le peloton est dense. Je me mets à droite afin de pouvoir tendre ma veste, un peu plus loin à ma s½ur qui m'attend sur le bord du parcours. Dans la foule, je pers Christian de vu. Mais peu importe, une fois le départ donné, je ne regarde plus que mon cardio qui oscille entre 165 et 172 bpm pendant tout le premier tour. Les chemins dans la plaine sont boueux à certains endroits à cause de la pluie qu'il est tombé cette semaine. Le peloton dans lequel je me trouve est dense, parfois, je n'arrive même pas à doubler. J'arrive à garder un rythme très constant tout le long, et je n'ai pas de crise d'asthme, j'arrive même très bien à respirer.
Arrive la grosse bosse. La plupart des coureurs s'arrêtent et montent en marchant. D'autres (et j'en fais parti) s'essaient à monter en courant. J'adapte le rythme, pas comme ce coureur qui me double à fond et qui s'éteint au sommet. Ma fréquence cardiaque monte jusqu'à 182 bpm, et je commence un peu à avoir du mal à respirer.
En haut, Christian me double. Tiens ? Je pensais qu'il était déjà devant moi. J'apprendrai à l'arrivée que je l'ai doublé sans m'en rendre compte en bas de la côte. Du coup, nous restons ensemble. Sur le bord du parcours, j'aperçois mon père qui nous prend en photo. Je n'étais même pas au courant qu'il serait là aujourd'hui. Ca me fait super plaisir de le voir.
Dans la descente, j'ai quelques problèmes pour respirer et mes jambes commencent à me faire mal. Je m'accroche derrière Christian. Maintenant, le premier tour est terminé, je n'ai plus besoin de consulter mon cardio, libre à mes jambes de courir. Et en plus, je me sens plutôt bien. Seule ma respiration est un peu difficile. Mais ce n'est pas de l'asthme, juste quelques spasmes respiratoires qui me mettent en apnée quelques secondes. Ca dure une dizaine de minutes et ça disparaît. Pendant ce temps, ma fréquence cardiaque augmente peu à peu et régulièrement. Dans les derniers kilomètres, mes jambes me font vraiment mal. Ce n'est plus moi qui cherche à suivre Christian, mais Christian qui est maintenant sur mes talons. Je l'entends souffler derrière moi. A un kilomètre de l'arrivée, je l'entends qui lâche, alors je ralentis juste un peu pour lui permettre de revenir jusqu'à moi. Je me dis aussi que ça va me permettre d'en garder un peu pour la dernière ligne droite.
Mais quand cette dernière ligne droite arrive, soudain, je sens mes jambes qui flanchent. Que ce passe-t-il ? Chaque année c'est la même sensation, quand j'aperçois la ligne d'arrivée au bout, j'ai un coup de moins bien. Alors je rassemble toutes mes dernières forces et je termine « au sprint » (juste le plus vite possible). Pendant la dernière minute de course, ma FC monte de 176 bpm à 183 bpm.
Quand j'arrive, je ne me sens pas très bien. J'ai des vertiges.
Distance : 10,207 km
Temps : 47'31
Vitesse moyenne : 12,889 km/h
FC moyenne : 171 bpm
Catégorie : senior F
Classement catégorie : 7 sur 28
Classement féminine : 12 sur 85
Classement scratch : 148 sur 420
Christian arrive 18 secondes après moi.
Mes résultats antérieurs sur le même parcours :
- en 2005 : 49'04, 12,604 km/h, 1ère espoir F, 264 au scratch
- en 2006 : 47'12, 12,975 km/h, 1ère espoir F, 217 au scratch
- en 2007 : pas de participation cause hernie discale
- en 2008 : 47'31, 12,889 km/h, 7ème senior F, 148 au scratch
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Sur la photo : c'est presque l'arrivée !
Plus de photos... (merci aux photographes : mon père, ma mère, Cathy)






